Pistes de réflexion sur les Yamas – Aparigraha

 

Aparigraha – Lâcher prise

Quand nous sommes fermement établis dans la non-possession, nous pouvons connaître le sens de la vie (Aphorisme II-39).

Une interprétation littérale de cet aphorisme implique de se départir de tous ses biens pour vivre en ascète comme les moines bouddhistes qui n’ont que leur linge et leur bol à quêter.

Une version plus applicable à notre vie contemporaine serait de ne plus se définir par :

  • Nos possessions (auto, maison, compte en banque…).

  • Nos rôles sociaux (conjoint, parent, cadre, ingénieur, professeur de yoga…).

  • Nos activités (loisirs, sports, style de vie…).

  • Nos attributs (apparence, habiletés…).

Un bon test pour savoir si ces choses nous définissent et si l’on s’agrippe à elles est de s’imaginer comment l’on réagirait si l’on ne les avait plus.

  • Quelles seraient nos pensées dominantes?

  • Quelles conclusions tirerions-nous de l’expérience?

  • Comment notre perception de nous-même serait-elle influencée?

  • Est-ce que cela changerait notre estime de soi?

Il ne s’agit pas de nier la tristesse ressentie à la perte de quelque chose ou de quelqu’un qui nous est cher. La question est plutôt de se demander quel sens on donnerait à cette expérience de perte et comment on l’utiliserait pour orienter le reste de notre vie (un peu comme le phoenix qui renaît de ses cendres).

Aparigraha est un puissant outil pour vivre intensément le moment présent sans le fuir en s’accrochant au passé ou en se projetant dans l’avenir. Étant donné que le mental (l’Ego) ne vit que dans le passé ou le futur, cela exige beaucoup de contrôle sur les fluctuations du mental pour rester connecté à notre essence (cf. Aphorismes I-2 à I-4).

Agenda - planifier l'avenirLa pratique d’Aprigraha sous-entend que l’on abandonne la folle idée que l’on peut contrôler l’avenir et les évènements extérieurs sans pour cela tomber dans un laisser-aller total pour dériver à travers la vie sans direction interne.

Le grand défi d’Aparigraha est de continuer à avoir des objectifs à long terme tout en apprenant à mourir d’instant en instant à ce qui était pour se réinventer en renaissant à ce que l’Univers nous offre pour aller avec confiance dans la direction de nos rêves (cf. le principe de Moksha : la libération de l’emprise du cycle de la mort et de la renaissance).

Il est toujours bon de se rappeler que lorsque l’on cesse d’insister pour faire quelque chose « à notre façon » et que l’on se concentre sur le besoin profond auquel on essayait de répondre, une vaste panoplie d’alternatives intéressantes s’offre habituellement à nous.

 

Pierre Bélisle, E-RYT

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